Salut tout le monde (salut, Docteur Mauser) !
Il fait chaud, c'est l'été, je me dit que c'est le bon moment pour aborder un sujet des plus clivants, relativement en lien avec le titre de ce topic (n'en trouvant aucun autre portant sur la série dans le forum général) :
Quand sont mort les Simpson ?
Et quand je dit Mort, je parle, comme de bien sûr, du Moment ou la série a (vraiment) perdu son intérêt et que les fans ont commencé à la trouver médiocre. C'est tout un débat, les fans ont un avis différent, et je vais donner le miens.
Les Simpson est une série existant depuis 37 ans, beaucoup de sujets ont étés abordés, et un jour les auteurs ont du mal à se renouveler, cherchant différents moyens d'explorer les personnages ou le type d'humour employé. Il arrive fatalement un moment ou la série va perdre ce qui en faisait le sel et que les fans les plus acharnés finissent par s'en détourner.
Je ne vais pas prétendre détenir la vérité absolue sur la question, mais ça m'amuse de partager mon point de vue et faire une sorte de bilan global de la série.
Je pense que Les Simpson est une série se déroulant sur plusieurs temps :
Tâtonnement (
saisons 1 à 3) : les auteurs et l'équipe débutaient (dans l'animation, pour certains), l'humour n'était pas encore défini, clairement la série se cherche. On hésite donc pas à aborder des sujets qui aurait été inconcevable dans les dessin-animés de l'époque (le chômage, la dépression chez l'enfant, le suicide), le tout avec une ambiance parfois douce-amère, surtout dans la saison 1. C'est avec l'épisode Homer la Foudre, dans la saison 3, que les scénaristes vont commencer à s'autoriser des folies, des passages purement déjantos. La séquence ou on découvre les malheurs des joueurs de Softball les empêchant de jouer le lendemain, c'est presque du René Goscinny ou du Raoul Cauvin dans l'esprit ! Au sein du staff, ça avait provoqué de vives discussions, certains pensant qu'ils allaient déjà trop loin. Bien leur en a pris, cependant, puisque ça va mener à...
L'Âge d'or (
saisons 4 à 9) : La perfection (quasi) absolu, tout simplement. Là, ça y est, on a trouvé l'humour qui fera le sel de la série. On reprend les aspects adultes de l'ère du Tâtonnement, combiné à un humour ironique et acerbe, se permettant aussi des moments de folies parfaitement maitrisés. En clair, la série devient intelligemment absurde, et un classique instantané. C'est à partir de là que les personnages sont complètement définis et que Homer prend le pouvoir en tant que star de la série, père impulsif, maladroit mais qui veut bien faire. En dépit de certaines incartades difficilement pardonnés par certains fans (comme l'épisode «Le Principal Principal»), c'est un quasi sans faute, la série trouve son rythme de croisière, regorge de scènes et de dialogues monumentaux et d'épisodes devenus des classiques (mes deux préférés : «Homer contre New York» et «Qui a tiré sur Mr. Burns, première partie»).
Expérimentation (
saisons 10 à 15) : Après une période doré, on entre dans une période ou la série va commencer à perdre son prestige adopter une approche différente, plus délirante et moins subtile. Les raisons sont multiples, notamment l'arrivée de nouveaux auteurs et d'un nouveau show-runner. On arrive également à un moment dans l'histoire de la télévision ou la série n'a plus le monopole sur les sitcoms animées, avec l'apparition de séries comme South Park, des Griffin et de King of the Hill, qui vont proposer de nouvelles approches sur le concept des Simpson. La série va donc recommencer à chercher son humour, testant sans cesse de nouvelles façon de faire rire et d'écrire les personnages, ce qui va donner des résultats variables. Si la saison 10 essaye de rester dans le giron des précédentes, les saison 11 et 12 seront plus folles, tandis que la saison 13 (sans doute celle que je préfère de cette période) essayera d'être plus trash. On essaye de conserver l'aspect plausible des saisons d'avant, mais c'est très souvent contrebalancé par des gags absurdes. Ceci étant dit, il faut noter la propension de ces saisons à faire évoluer les personnages, avec notamment le décès de Maude Flanders et la paternité d'Apu. La série à beau devenir plus folle, elle se rappelle qu'elle doit toucher un large public, et cette période n'en reste pas moins plaisante, même excellente.
Les saisons 14 et 15 seront les saisons ou on pose les bases de ce qui fera L'Âge Sombre de la série, avec l'apparition des gags à rallonges et d'un aspect encore plus cartoonesque. La série passe aussi en numérisation totale en mi-saison 14, ce qui, je trouve, lui fait perdre un certain charme, je trouvais que les gags étaient justement renforcés par le côté figé des cellulos, bien qu'il faut saluer l'envie de l'équipe d'évoluer techniquement, et que le visuel devient plus clinquant. Mon épisode favori de cette période est incontestablement «Fiesta à Las Vegas».
L'Âge Sombre (
saisons 16 à 31ouiçafaitbeaucoup) : Là, on touche au point névralgique de ce qu'on considère comme la perte d'intérêt de la série. Les Simpson embrassent complètement le cartoonisme, devient presque une série pour enfant à certains moment (ce qui était inimaginable du temps de l'âge d'or), et perd énormément de ce qui faisait son sel. Les sujets de sociétés et son envie de rester plausible sont survolés, Homer devient stupide pour être stupide, et beaucoup d'épisodes manquent de fun. Je dois avouer que j'en passe certains tant je m'ennui, ou même le plaisir de retrouver les personnages ne suffit plus à maintenir l'intérêt. Dire que la série devient mauvaise serait injuste, car il y a des épisodes excellents et même des saisons vraiment sympas (j'avoue même préférer la saison 17 à la 16 et la 15, par exemple), mais on a clairement perdu quelque chose. J'ai vraiment le sentiment que Les Simpson sont entrés dans un certains confort et n'ose plus choquer ou tenter de nouvelles approches.
Trois épisodes que j'adore : «Notre Homer qui est un Dieu», «24 Minutes», «L'Histoire apparemment sans fin».
Reprise par Disney (
depuis la saison 32) : On aurait pu craindre que les exécutifs de Disney allaient saccagés la série plus qu'elle ne l'était déjà depuis une quinzaine d'années, mais il n'en est finalement rien. Elle a certes maintenu le tracé de l'Âge Sombre, mais on sent une réelle envie d'améliorer la formule, de proposer des choses inédites. J'aime l'idée, par exemple, qu'on explore le passé de certains personnages, comme l'héritage familial du maire Quimby, et qu'on s'autorise des épisodes «Et si ?», avec notamment ce fameux épisode de la mort de Marge (que se passerait-il si Marge décédait et que les enfants grandissait sans ce pilier moral ?). Je me suis également surpris à rire à de nombreuses reprises, les gags sont généralement bien trouvés et parviennent à se moquer de certains aspects nocifs de notre société (j'adore le moment ou Duffman ne sait pas quel appellation donner aux femmes sans les choquer) et se moque de la série elle-même et de son héritage.
En outre, l'ère Disney semble se faire une synthèse de toutes les périodes de la série, et si tout les épisodes ne sont pas bons, je la trouve plus qualitative que L'Âge Sombre.
Voilà, en vous rappelant qu'il s'agit d'un avis purement subjectif, j'espère que vous avez pris plaisir à lire et que ce «bilan» vous aura aiguillé sur la série
