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Publications autour de l'anim

Posté : 10 mai 2019 19:37
par klaark
Ça faisait un moment que l'idée me trottait dans la tête : celle d'ouvrir un topic consacré aux publications (livres, revues, articles) autour du cinéma d'animation et des programmes jeunesse.
Il y avait eu sur le forum ici et là quelques posts signalant des ouvrages ou revues spécifiques alors je me suis dis pourquoi ne pas en consacrer directement tout un topic pour éviter de s'éparpiller ?

Bref, si vous souhaitez :
• signaler des parutions récentes sur le sujet
• faire part de vos coups de cœur/gueule
• ou même demander des conseils de lecture sur certains sujets précis, c'est par ici !

- Et je commence avec le n°50 du trimestriel ArtPress 2 spécial Animation. Au programme, des articles sur différentes figures essentielles de l'animation conciliant grand public et ambitions auteuristes. Le tout écrit par des pointures (Sébastien Denis, Xavier Kawa-Topor, Philippe Moins…) dans un style accessible sans être réducteur. Foncez voir dans les kiosques s'il y est toujours !

- Dick Tomasovic, auteur de l'excellent essai Le Corps en abîme : sur la figurine et le cinéma d'animation, vient de publier aux Impressions Nouvelles Batman : une légende urbaine, consacré au Chevalier Noir. Pas encore lu (je viens tout juste de découvrir son existence), mais connaissant le style d'écriture imagé et incantatoire de l'auteur, nul doute que cet ouvrage devrait ravir les fans du personnage.

Re: Publications autour de l'anim

Posté : 18 oct. 2019 17:54
par klaark
- La collection Tout Savoir a sorti en début de ce mois d'octobre 2019 un numéro Spécial Japon avec au sommaire 20 références de mangas, 20 d'animes et 20 de jeux vidéo.

Sinon, entretemps, j'ai lu le Batman : une légende urbaine de Tomasovic et je ne peux que le recommander aux fans… et même aux amateurs curieux ! Sur la base d'une introduction parfaitement structurée, l'auteur parvient à saisir en quelques pages toute la singularité de Batman dans le paysage de la pop culture et la richesse de son patrimoine. Les chapitres sont courts, chacun étant basé sur l'une des nombreuses facettes du Chevalier Noir : nous avons ainsi droit à "Batman est un ninja", "Batman est un mentor", "Batman est un vampire", "Batman est un grand frère" (suivi de "Batman est Big Brother", j'adore !), "Batman est un tocard" (sic)… les références à l'avenant sont invoquées pour appuyer ce fait (principalement les BDs mais les films ne sont pas en reste) et l'on a plus qu'une seule envie : plonger dedans. Un vrai régal !

J'ai aussi lu un ouvrage qui date et qui m'intriguais depuis longtemps : le très controversé Walt Disney : la face cachée du Prince d'Hollywood de Marc Eliot. Si le livre est intéressant par l'histoire du studio qu'il replace bien dans le contexte de l'industrie hollywoodienne, en revanche son portrait à charge de Disney et les interrogations sur sa naissance semblent relever par moments de la psychanalyse de bazar et constituent des moments difficiles à prendre au sérieux. Chose d'autant plus dommage qu'on sent malgré tout un énorme travail de recherche derrière… comme je m'y attendais, pas inintéressant mais à prendre avec des pincettes.

Re: Publications autour de l'anim

Posté : 19 oct. 2019 20:47
par Yakou
Intéressant, mais pointu, cher Klaark !
De mon côté, j'ai lu des choses, mais pas des plus récentes.
Je recommande le Hors série de Télérama de novembre 2016 "La Grande Vague du cinéma d'animation", sous-titré "Etats-Unis, Japon, France" ; il y a Vaiana en couverture, et vraiment la qualité des analyses, des interviews, des illustrations, mérite le détour !! j'ai connu Télérama infiniment plus con, je m'en souviens encore...
J'ai aussi gardé pieusement le Hors série Paris-Match de septembre 2017, " Les Aventures de René Goscinny & Compagnie", formidable survol de toute sa carrière.
Après tout on a de plus en plus de soldeurs, où vous pouvez trouver ces magazines (et où je les ai trouvés moi-même), sans compter Amazon.
J'ai beaucoup lu sur Walt Disney, et globalement je suis contre les anti-Disney, qui traitent par dessous la jambe, et généralement de façon biaisée idéologiquement, un des grands génies de la culture populaire. Il a très réellement découvert tardivement, en 1937, n'être qu'un enfant trouvé et adopté, et je pense que cela explique assez nettement son thème lancinant du rejeton sans parents ou orphelin. Par ailleurs il fut anticommuniste, certes, mais au temps de Staline ce n'était pas forcément un vice ignoble.

Re: Publications autour de l'anim

Posté : 26 oct. 2019 15:48
par Yakou
Le Hors-Série Télérama dont je parle plus haut consacre 4 pages à Jean-François Laguionie, que tu as eu le plaisir de voir tout récemment, cher Klaark.
En novembre 2016, il avait presque achevé Le Voyage du Prince et avait donc offert au magazine la reproduction de 2 images de ce film, entre autres illustrations de ses oeuvres. C'est bien entendu un homme de grand talent, élève de Paul Grimault, et âgé à présent de 80 ans. D'après leurs extraits ses films, je l'avoue, ne m'ont jamais attiré : trop peu d'action, trop-plein de contemplation. Sur Gwen, son premier long métrage, lourd échec, il avoue qu'il espérait que "des adultes iraient voir un dessin animé comme ils allaient voir un film de Truffaut ou de Godard", ce qui en effet l'éloignait fort d'un blockbuster. Mais enfin, malgré le nombre d'entrées dérisoires, il finit par accumuler de nombreux prix dans le monde des bobos qui ne reculent même pas devant un film de Truffaut ou de Godard. Je suis un peu choqué de lire de J.-F. Laguionie "En 1999, j'ai fait Le Château des Singes, et là les enfants ont adoré. Mais ce n'est pas mon film préféré, ce n'est pas mon style". Certes, les enfants sont connus pour la pauvreté de leurs goûts... :mrgreen:
Pourtant je le reconnais, je devrais me faire une idée plus précise de ses films, et sans doute un jour je me laisserai tenter par Le Tableau ou par Louise en hiver dont les sujets me tentent un peu.
D'ailleurs dans cet article Laguionie remarque : "Il a fallu attendre quarante ans pour que les choses évoluent. C'est le cinéma d'animation japonais sans doute qui a fait changer le regard du public". Bien vu, évidemment.

Re: Publications autour de l'anim

Posté : 29 oct. 2019 20:07
par klaark
J'ai lu ce fameux numéro hors-série qui est effectivement bien fichu. Il faut dire que Guillemette Odicino de Télérama fait partie des rares journalistes de la presse généraliste à avoir une véritable culture de l'animation, ce qui pour moi est un manque énorme dans notre paysage médiatique et cela participe grandement au manque de reconnaissance du médium.
Il y a elle et Gersende Bollut pour Télérama, Gilles Ciment de Positif, Stéphane Dreyfus du journal La Croix (qui a d'ailleurs son propre blog consacré), Rafik Djoumi… ça fait pas bézèf !

Concernant Laguionie, idem, il m'a fallu un certain temps avant d'apprécier ses films. Je n'ai vu Gwen, le livre de sable qu'une seule fois et je n'en ai qu'un vague souvenir tant il était déconcertant. Je le trouvais laborieux, comme un court-métrage artificiellement étiré… mais il faudrait que je le revois, ainsi que ses premiers films courts, infiniment plus fascinants (Une bombe par hasard, L'Acteur).
Le Château des Singes était sympathique mais le rendu du chara-design et de l'animation faisait quand même assez "télévisuel", d'où les propos du réalisateur j'imagine.

Mais j'ai véritablement commencé à changer d'avis sur son cinéma avec Le Tableau et Louise en hiver que je te conseille.

Re: Publications autour de l'anim

Posté : 05 nov. 2019 20:49
par Yakou
klaark a écrit :
29 oct. 2019 20:07


Mais j'ai véritablement commencé à changer d'avis sur son cinéma avec Le Tableau et Louise en hiver que je te conseille.
Comme je le disais, ce sont en effet deux films qui me tentent, et dès que j'aurai pu les voir, je t'en reparlerai, Klaark !

Sinon, l'autre Hors Série, celui de Paris-Match de septembre 2017 Les aventures de Goscinny et compagnie mérite aussi la lecture. Par exemple, avant j'avais conscience des années de galère relative de Goscinny aux USA avant de venir en France (pour pas mieux pendant des années !) mais j'ignorais tout de son enfance (à partir de 2 ans) et adolescence en Argentine. Son père était une sorte d'aventurier touche-à-tout d'origine juive ashkénaze, ainsi que sa mère, mais très bien intégrés à la culture française, spirituels, très larges d'esprit. Ils crurent au mirage argentin des années 1930 / 1940, ce qui les sauva de Pétain : dénaturalisation de Français, statut "Apatrides", puis livraison aux abattoirs nazis ainsi que plusieurs membres de leur famille restés en France. Le collège et lycée français de Buenos-Aires où brilla le jeune René Goscinny lui apporta un regard à la fois très "Gaulois" et très distancié, voire étonné par les tics du caractère hexagonal. Un Français plus enraciné n'aurait sans doute pas su jongler si juste avec les clichés franchouillards qu'il épingla dans Astérix. Sans méchanceté aucune, Goscinny adorait les clichés nationaux "parce que tout le monde les comprend" disait-il. Ses Ibères sont fiers et ombrageux et dansent le flamenco, ses Bretons sont flegmatiques et tenaces et boivent de "l'eau chaude" à 17h, etc. On peut remarquer qu'il rejeta toujours le chauvinisme et les haines nationalistes : les Gaulois ne représentent nullement la vertu ni même le courage (car sans potion magique ils seraient vaincus), et les Romains n'ont rien de cruel ni de pervers ; César n'est pas un tyran sanguinaire ni ridicule, et même une certaine estime est montrée entre nos héros et lui. Ce ne sont que des "humains, trop humains".
Tout le monde le sait sans doute, après avoir galéré et fraternisé avec Uderzo dans les années 50 et à travers leurs 50 petits boulots mal payés, Goscinny envisage une "grande série" pour le naissant "Pilote". Il le sait, Uderzo est un génie du dessin, et lui fait pour raconter des histoires hilarantes. Tous deux se lancent sur Le Roman de Renart, mais les droits sont déjà acquis par un ami auteur chez "Vaillant". Alors Goscinny demande à Uderzo de lui raconter tout le "roman national français" ; arrivé à la Guerre des Gaules, flash de Goscinny : reprendre l'idée à la fois simpliste et géniale de la III ème République, faire oublier les Francs (ces "Boches") au profit des Gaulois héroïsés (nos 'vrais ancêtres" ?). Comme héros, Uderzo proposait un grand balèze Celte façon Oumpah-Pah, mais Goscinny, intuitif sur le goût français du petit au détriment de tout ce qui est grand, voulut un "petit malin", Astérix. Enorme succès de 1959, commémoré aujourd'hui, 60eme anniversaire (alors que "Oumpah-Pah" fut un bide commercial).
Bon, Obélix est un grand balèze si l'on veut, mais "un peu bas de poitrine" :D :D :D

Les films animés adaptant la série BD sont malheureusement assez piètres, surtout le premier par Belvision, d'une qualité d'animation catastrophique, carrément primitive pour l'époque... En live, "Astérix et Cléopâtre" est sans doute le meilleur, bien qu'il ne cherche en rien à se détacher de l'album : cela tient au rythme, aux moyens mis, au très bon jeu de tous les acteurs, et même si Clavier en Astérix :roll: :roll: ... Mais je pense qu'Astérix passe très difficilement la barre du passage en live, quel que soit l'acteur : le personnage n'est pas assez caricatural, trop "sage".

Re: Publications autour de l'anim

Posté : 06 févr. 2020 21:13
par Yakou
Il ne s'agit pas directement d'UNE "publication autour de l'anim", mais de plusieurs, pour être plus explicite celles patronnées et diffusées par Komikku.
Cet éditeur disposait d'une boutique de manga et autres publications d'anim ou de critique à Paris, au 61 rue des Petits-Champs, près avenue de l'Opéra. Je lui apportais mon soutien au lieu d'acheter en grandes surfaces.
Or je viens d'apprendre que, suite aux difficultés énormes causées chaque samedi dans la capitale, puis au pur et simple blocage des déplacements pendant plus de 2 mois pendant la période des fêtes, ce commerce va fermer boutique (comme des milliers d'autres) à la fin février (le 28). Quels que soient les responsables, gouvernementaux ou syndicaux, et je m'en fous, la France tue ses petits commerces. D'ailleurs depuis très longtemps, en autorisant de gigantesques grandes surfaces partout, mais ici tout le monde s'en fout (pas au Japon !!). Bref, je refuse de polémiquer là-dessus, mais je pense qu'avant la fermeture de Komikku le 28 Février, les gens de Paris et autour pourraient peut-être aller y faire leurs achats . L'éditeur va essayer de continuer, quoique menacé par des méventes... Il a pu se tromper un peu de chevaux de course, mais tout de même il a fait aussi de bons choix.
Voili voilà.