J'ai vu le film (j'en ai même fait une fiche

) et donc découvert cette VF avec une certaine délectation !
Mais quel bonheur d'avoir ENFIN un doublage globalement fidèle (au verbe à défaut de l'accompagnement musical) à la version japonaise et non aux niaiseries ricaines ! D'autant que l'adaptation signée Anthony Panetto s'avère très réussie, mention spéciale aux tirades emphatiques de Seto Kaiba, servies de plus par un Nessym Guetat au sommet de sa forme ! Dommage pour la petite incohérence pour Isono (normalement appelé Roland en version occidentale) mais c'est un détail vu que son nom n'est prononcé qu'une fois et que c'est un personnage très mineur. Certains fans pourront aussi tiquer sur le fait qu'on parle désormais de "deck" et non de "jeu" mais là encore, chipoter là-dessus serait criminel d'autant plus que les autres gimmicks habituels ont bien été respectés.
Plaisir coupable de ma part devant le registre familier voire grossier que nous sert enfin le Joey Wheeler de la VF, conformément à la VO et au manga où il s'exprime bien comme un ancien voyou des rues (et puis surtout, ça reste un ado, que diable) ! On sent d'ailleurs que Bruno Mullenaerts s'éclate sur ces moments-là, ça devait être très libérateur pour les comédiens de pouvoir enfin se lâcher sur des textes non-aseptisés !
Concernant donc le casting, on aurait pu légitimement craindre que les anciens comédiens accusent le coup de vieux (plus de 20 ans ont passés depuis leurs débuts sur ces personnages), il n'en est absolument rien, leurs voix n'ont absolument pas changées, la nostalgie fonctionne à 100% ! Dommage pour le recast de Duke Devlin mais le personnage est ici tellement secondaire que je peux comprendre si la raison est que le studio n'a pas voulu payer le déplacement pour un comédien belge de plus...
Pouvoir réentendre Frédéric Meaux sur Bakura est particulièrement grisant, en revanche, je ne sais pas si je l'aurais gardé sur Shadi pour ma part. Il était certes sa voix principale au final mais je trouve que son timbre ne colle pas particulièrement à ce personnage mystérieux, d'autant plus qu'il peut difficilement le différencier de son autre personnage. Et sur le papier, c'est quand même une idée étrange que ces deux-là soient joués par la même personne surtout dans ce film ! C'est certes compensé par le fait que "Yami Bakura" ne parle qu'à travers sa voix d'enfant, Marie Van Ermengem faisant un effort certain dessus pour essayer d'être effrayante mais en plus du fait qu'il y a des intonations qui rappellent tout de même ce qu'elle faisait sur Makuba (ce qui ne peut que faire bizarre dans le mauvais sens), son rire démoniaque souffre de la comparaison avec Rika Matsumoto, celle-ci étant une déesse (ou une démone ?) dans ce domaine !
Arnaud Léonard fait un raccord parfait sur Roland Isono (disons donc que c'est son nom complet ^^) et du côté du grand-père, même s'il ne parle pas beaucoup, j'ai quand même eu l'impression qu'il y a eu l'intention de prendre une voix un peu moins caricaturale que dans la série, ce que je ne peux qu'applaudir ! Je n'ai jamais été un grand fan de Julie Basecqz sur Makuba et hélas, le film ne me fera pas changer d'avis là-dessus (c'est une très bonne comédienne au demeurant, j'avais même fini par m'habituer à sa Téa, c'est juste que sa voix ne fonctionne pas sur un garçon).
Enfin, concernant le rôle titre, Laurent Sao est globalement en très grande forme et je ne peux qu'applaudir l'idée d'avoir adopté un timbre plus mûr pour Yûgi, le rapprochant même de plus en plus de celui de son double au fur et à mesure que le film progresse, l'effet est très réussi. J'ai juste trouvé qu'il était un peu en sous-jeu dans certaines scènes (notamment lors de ses retrouvailles avec Kaiba en ville) mais sur la majeure partie du film, il se donne bien à fond malgré tout.
Côté nouveaux personnages, c'est globalement une grande réussite, les comédiens ont été bien choisis (même si, de façon totalement subjective, je trouve le timbre de Victor Nivert assez particulier) et très bien dirigés. Mention à Fabrice Lelyon qui offre un Scud savoureusement détestable !
Vraiment dommage que la VF ait du faire avec l'accompagnement musical américain, qui m'a paru bien fade en comparaison des musiques japonaises (j'ai écouté quelques passages de la VO et encore une fois, ça a l'air infiniment plus percutant). Même les réarrangements du thème d'époque sont sans génie, et le fait d'avoir intégré des chansons de l'album de 4Kids reste de la facilité.
Enfin, je suppose qu'avec les outils actuels, il est possible de bricoler une version reprenant les voix françaises avec les musiques de la VO...