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par Gashomy » 22 févr. 2026 17:07
Voici du coup mon commentaire approfondi. J'en profite aussi pour ajouter mes derniers ajouts sur les autres parties de la fiche (cette fois c'est la bonne, j'espère... xD).
Commentaires [avant vidéographie]
Sans conteste l’un des duos animaliers les plus reconnaissables de tous les temps dans le monde de l’animation, Tom et Jerry restent à ce jour des icônes culturelles majeures grâce à leur longue carrière couronnée de succès, et ce aussi bien dans leur pays d’origine qu’à l’international. Il faut dire que la série repose sur une formule simple mais universelle, à base de courses-poursuites et d’humour visuel, et son style aura connu de nombreuses évolutions avec les années et les différents artistes qui ont travaillé sur le duo. Apparus à une époque où la MGM peinait encore à trouver le succès avec ses premiers cartoons (citons par exemple la série des Happy Harmonies ou bien l’adaptation de la BD Pim Pam Poum…), ils furent conçus un peu par hasard par un duo d’artistes qui deviendra mythique dans l’histoire de l’animation : il s’agit de William Hanna et Joseph Barbera, qui auront réalisé l’intégralité de la série originale produite notamment par Fred Quimby puis par eux-mêmes jusqu’à la fin des années 50. Dans leur première apparition en 1940 (titre VO : Puss Gets the Boot), les personnages ne ressemblaient pas encore à ce qu’on connaît aujourd’hui (Tom ressemblait davantage à un vrai chat tandis que Jerry était bien plus naïf…) et ne portaient pas encore leurs noms définitifs (Tom est appelé « Jasper » dans le court métrage tandis que Jerry est désigné sous le nom de « Jinx » dans les documents liés à la production du court métrage) qu’ils n’obtiendront que dans le second épisode ; pourtant, cette première histoire pose déjà les grandes bases de la série avec un accent sur les courses-poursuites et les gags visuels, mis en scène à travers la perspective des deux animaux d’où l’absence quasi-totale de dialogues (permettant de mettre une pleine emphase sur la personnalité et les émotions des personnages) contrairement à ce qui se faisait habituellement dans les cartoons américains, ou encore le fait qu’on ne voie généralement jamais les visages humains, y compris de celui de Mammy Two Shoes qui est également présente dans ce tout premier épisode. Au fil des épisodes, les personnages évolueront assez vite que ce soit dans leurs designs ou leurs personnalités, à l’instar de l’humour de la série (influencé par les œuvres de Tex Avery) qui repose principalement sur le slapstick et la violence physique (bien que celle-ci finisse par être atténuée progressivement dans les derniers épisodes, au profit d’histoires plus « politiquement correctes » pour un public familial…).
L’une des principales forces de la série est de parvenir à utiliser (et parfois subvertir) sa formule établie pour rester divertissante sans tomber dans la redondance, en particulier grâce aux scénarios inventifs et aux personnages secondaires hauts en couleur qui permettent de renouveler constamment les aventures de Tom et Jerry, mises en relief par les compositions musicales pleines d’énergie de Scott Bradley (compositeur attitré des cartoons de la MGM), qui accompagnent aussi bien les émotions des personnages que leurs actions à l’écran, et dont le style s’inspire entre autres du jazz et autres genres populaires. À ce sujet, le fameux thème musical de la série n’apparaît qu’en 1949, dans une première version un peu différente qui sera perfectionnée au fur et à mesure des épisodes suivants. Toutes ces qualités sont à l’origine du succès de la série qui, dès le début, rencontre un vif succès public et critique, devenant assez vite LE dessin animé emblématique de la MGM et mettant au second plan toutes les autres productions animées de la compagnie (Droopy, L’Écureuil fou, Barney Bear…). Entre 1940 et 1954, Tom et Jerry empoche 13 nominations (dont 7 victoires) pour l’Oscar du meilleur court métrage d’animation, un record rarement égalé pour une seule série de cartoons (seulement dépassé par les Silly Symphonies des studios Disney). Le succès des personnages est tel qu’ils apparaissent dans certains films à succès de la MGM (Escale à Hollywood de 1945 avec Gene Kelly, puis Traversons la Manche de 1953, avec Esther Williams), au sein de séquences mêlant animation et live-action (des décennies avant des films tels que Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, dans lequel un potentiel caméo de Tom et Jerry fut décliné par les ayants-droits). Leurs cartoons, eux, eurent un impact tel qu’ils auront inspiré la création de séries similaires chez les studios concurrents (Herman et Katnip chez Famous Studios, Little Roquefort chez Terrytoons…), sans jamais égaler le succès de l’originale.
Dans les années 50, la production des épisodes bascule progressivement d’un format d’image standard (proche du 4:3) à un format large permis par le procédé « CinemaScope », et ce jusqu’à la fin de la série originale. Les épisodes concernés seront d’ailleurs pendant longtemps croppés en 4:3 pour les rediffusions et les éditions vidéo… C’est aussi dans les années 50 que trois épisodes de 1949 (#40 The Little Orphan, #41 Hatch Up Your Troubles et #44 Love That Pup) font l’objet de « remakes » CinemaScope se contentant en fait de reprendre l’animation des personnages image par image tout en retravaillant le lay-out et les plans de caméra pour le format large – ce qui ne les empêche pourtant pas d’être comptés officiellement comme des épisodes à part entière dans la filmographie de Tom et Jerry (il s’agit respectivement des épisodes #107 Feedin’ the Kiddie, #099 The Egg and Jerry et #105 Tops with Pops). Ce curieux procédé avait également été tenté par la MGM sur deux courts métrages de Tex Avery (dont un épisode de Droopy).
Les cartoons originaux s’arrêteront en 1958 au bout de 114 courts métrages, peu après la fermeture du studio d’animation de la MGM l’année précédente… mais cet arrêt est loin de marquer la fin du duo, car deux nouvelles salves de cartoons seront réalisées par Gene Deitch (en 1961) et Chuck Jones (en 1963) afin de continuer à rentabiliser sur le succès des personnages ; cette fois-ci, l’arrêt des nouveaux cartoons de Jones en 1967 marquera bel et bien la fin de carrière du duo dans les cinémas qui l’avaient vu naître. À partir de 1975, les personnages seront mis à l’honneur dans de nombreuses séries télévisées reprenant ou modifiant le concept d’origine pour le remettre au goût du jour (quelques unes sont même produites par les célèbres studios Hanna-Barbera appartenant aux créateurs du duo !). En 1992, Tom et Jerry sont les vedettes de leur tout premier long métrage d’animation pour le cinéma, qui pavera la voie pour plus d’une quinzaine de futurs films (produits en majorité pour le marché vidéo) basés sur l’univers de la série. Ces nouvelles itérations prouvent et continuent d’entretenir le succès multigénérationnel des personnages, en particulier dans des régions telles que l’Asie (notamment au Japon et en Chine) où les cartoons originaux sont adulés au même titre que les productions locales. Cette popularité extraordinaire donnera naturellement lieu à de très nombreux produits dérivés : jouets, peluches, vêtements, accessoires, livres, jeux… et bien sûr de nombreuses éditions en vidéo.
À cause du contexte culturel et temporel dans lequel la série originale a été produite, celle-ci n’est malheureusement pas étrangère aux gags et stéréotypes racistes (notamment les scènes de blackface après une explosion ou une éclaboussure…) qui étaient très présents dans le cinéma américain de cette époque. Forcément, ce genre de scènes est régulièrement censuré lors des rediffusions contemporaines et même parfois en vidéo. Mais l’élément de loin le plus censuré dans toute la série reste sans aucun doute le personnage de Mammy Two Shoes, assez caricaturale faut-il avouer que ce soit dans ses inspirations (le cliché de la « mammy » noire, assez répandu dans la société américaine à l’époque de la production) ou sa voix (assurée en VO par l’actrice afro-américaine Lilian Randolph) affublée d’un très fort accent absent des versions françaises. Ainsi, suite à des accusations de racisme et malgré sa popularité chez les spectateurs, le personnage disparaît des cartoons en 1952 et est remplacé par un couple blanc (Georges et Jeanne / George et Joan) nettement moins marquant. En réponse au mouvement américain des droits civiques, les cartoons dans lesquels Mammy Two Shoes apparaît finiront même par être censurés à la télévision pour gommer ses aspects les plus caricaturaux et éviter toute controverse : dans les années 60, le personnage est réanimé pour devenir blanc tandis que ses dialogues en VO sont redoublés par la comédienne June Foray (qui prêtait aussi sa voix à Mémé dans les cartoons de Titi et Grosminet), qui lui donne un accent irlandais (peut-être jugé moins risqué que l’accent afro-américain d’origine ?). Plus tard dans les années 90, les cartoons concernés sont rediffusés à la télévision américaine avec les images d’origine mais la voix de Mammy est une nouvelle fois redoublée par l’actrice afro-américaine Thea Vidale (principalement connue pour ses spectacles de stand-up), avec un accent présent mais bien moins marqué. Il faudra attendre les années 2000 et l’arrivée d’éditions vidéo remastérisées pour pouvoir à nouveau écouter la VO non-censurée des cartoons avec ce personnage, qui sera d’ailleurs longtemps mis à l’écart de la franchise en dépit de son importance.
Légalement parlant, les cartoons de Tom et Jerry sont passés entre les mains de plusieurs ayants-droits au fil du temps ; si la MGM en a longtemps gardé les droits, ceux-ci furent revendus dans les années 80 à Turner Entertainment, qui elle-même fusionnera dans les années 90 avec la Warner (aujourd’hui détentrice de la franchise Tom et Jerry). En France, les cartoons furent diffusés dans les cinémas (avant les longs métrages ou au sein de compilations dédiées) puis dans une collection de bobines Super 8 chez l’éditeur Film Office (qui plus tard distribuera une partie des compilations VHS éditées par la MGM dans les années 80-90). Puis, de nombreux DVD seront publiés chez Warner dans les années 2000, dont notamment, entre 2004 et 2006, une collection intégrale ou presque : certains épisodes sont censurés ou croppés tandis que deux sont manquants (le #14 The Million Dollar Cat et le #100 Busy Buddies, inclus plus tard dans d’autres compilations). Toujours chez Warner, des compilations Blu-ray avec des versions restaurées sans censure existent aux USA (elles sont malheureusement inédites chez nous), la dernière en date (sortie fin 2025) étant une collection (totalement) intégrale comprenant pour la première fois l’ensemble des 114 cartoons réalisés par le duo Hanna-Barbera.
Si, du fait que la série accorde peu d’importance aux dialogues, beaucoup de diffusions francophones se contentaient de la VO (souvent sans sous-titres), il faut savoir qu’elle fut également doublée de manière assez chaotique avec plusieurs vagues de VF produites des années 50 jusqu’aux années 2000, concernant des épisodes plus ou moins aléatoires (si bien que certains possèdent au moins deux versions françaises connues, ironique pour un duo qui parle peu…) ; ceci dit, les épisodes totalement muets sont généralement (mais pas toujours) dépourvus de doublage français. La VF la plus connue est sans aucun doute celle réalisée dans les années 80 à la SOFI, avec notamment les voix de Maurice Sarfati ou bien de Monique Thierry qui doublaient la majorité des personnages secondaires (et même parfois les deux héros lorsqu’ils parlaient !). Cette VF couvre d’ailleurs un très large nombre d’épisodes de la période Hanna-Barbera, d’où le fait qu’elle soit aussi la plus exploitée dans les rediffusions et les rééditions. Pourtant, au moins quelques épisodes possèdent un doublage antérieur produit semble-t-il pour les diffusions au cinéma (avec des voix d’acteurs des années 40-60 tels que Jean Clarieux sur Spike) tandis que d’autres ont été doublés plus tard dans les années 90-2000 (avec notamment la voix-off assurée par Bernard Métraux, à l’instar des redoublages opérés pour les Looney Tunes). On notera aussi que certains titres assez anciens furent conservés avec le temps et utilisés pour les doublages français malgré leur incohérence (par exemple, « Jerry garde du corps » quand celui-ci est en fait protégé par Spike, ou bien « Tom et Jerry Robin des bois », sans oublier les titres grammaticalement incorrects du style « Tom et Jerry et… »).
Aujourd’hui, la série originale supervisée par Hanna et Barbera est assurément un monument de l’animation (symbolisant avec d’autres séries cultes l’Âge d’or du cartoon américain) qui aura traversé les époques en laissant des souvenirs indélébiles à plusieurs générations de spectateurs et en continuant d'inspirer de nombreux futurs artistes.
Diffusions (ajout/précision)
Arrivée au cinéma : 4 juin 1953 ?
Rediffusions [précision] : 2011 → 2 juillet 2016 puis 4 septembre 2017 → 3 juillet 2020 (Boomerang – Ça boom !)
Synopsis
Inlassablement pourchassée par le chat Tom, qui rêve d'en faire son déjeuner (quand il ne cherche pas simplement à la martyriser pour son plaisir), la petite souris Jerry n'est pourtant pas du genre à se laisser attraper ! C’est ainsi que, tour à tour ennemis mortels ou alliés, Tom et Jerry sèment le chaos partout où ils passent pour nous offrir un cocktail savoureux de courses-poursuites endiablées et de gags désopilants.
Et ils ne seront pas seuls dans leurs délires, puisque leurs aventures seront agrémentées de « guests » cultes tels que Mammy Two Shoes (l’autoritaire maîtresse de Tom dont on ne voit que le bas du corps), Spike « the Killer » (l’énorme bouledogue qui fait vivre l’enfer à Tom dès que celui-ci l’embête lui ou son fils Tyke) ou Butch (le rival de Tom, un chat des rues robuste et débrouillard), sans oublier Mitsou (Nibbles en VO), le neveu adoptif de Jerry que l’on reconnaît à sa couche-culotte et sa gourmandise, ou encore le petit Coin-Coin (Little Quacker), un jeune caneton dont la naïveté lui causera bien des soucis avec Tom…
Épisodes
Ajout de titres issus d'une VF alternative parue en VHS (et dont j'ai déjà parlé ici). Certains épisodes ci-dessous possédaient déjà 2 titres sur le listing mais j'ai choisi de privilégier ceux des différentes versions doublées.
010. Jerry et l’ennemi bien-aimé (ou) Ennui de souris
016. Jerry ne perd pas la tête (ou) Une vie de chien
047. Le caneton kidnappé (ou) Le petit canard
051. Tom et Jerry et le feu d’artifice (ou) Gare aux risques d’explosion
061. Tom perd la tête (ou) Chat confus, chat qu’on fuit
071. Tom et Jerry en croisière (ou) Croisière de chat
079. Mon ami Tom (ou) La vie avec Tom
081. Tom ne manque pas d’estomac (ou) Le chat du Far West
083. Mitsou va à l’école (ou) Petite souris va à l’école
101. Tom et Jerry en vacances (ou) Le chat le plus musclé de la plage
107. Un neveu affamé (ou) Monsieur est servi
Doublage (précisions)
Correction de certains noms et remplacement des titres VO par les numéros d'épisodes pour plus de clarté (+ ajout de Francis Lax sur Tom dans 1 épisode)
Studio [ajout] : Wim Pel Productions BV
(il faudrait aussi l’ajouter à la fiche de Gene Deitch au vu de la VF VHS que j'avais mentionnée plus tôt sur ce fil)
* Maurice Sarfati : Tom (voix principale), Spike, Butch, Georges, voix additionnelles et narration
* Monique Thierry : Jerry (voix principale), Mammy Two Shoes, Mitsou, Tyke, Petit Coin-Coin (voix principale), Jeanne, Jeannie (la babysitter), voix additionnelles et narration
* Pierre Trabaud : Tom (voix de remplacement), Petit Coin-Coin (ép. 90), voix additionnelles et narration
* Francis Lax : Spike (voix de remplacement), Tom (ép. 90), Jerry (ép. 94), voix additionnelles et narration
* Daniel Gall : narration (ép. 1 et 3 – incertain)
* Fabrice Josso : Tom (ép. 18 doublage récent – incertain)
* Michel Mella : Tom (voix intérieure, ép. 79 doublage récent), Butch (ép. 95 doublage récent)
* Barbara Beretta : Jerry et la petite-amie de Tom (ép. 18 doublage récent)
* Patrick Guillemin : Spike (ép. 38 doublage récent)
* Évelyne Grandjean : Mammy Two Shoes (ép. 18 doublage récent)
* Bernard Métraux : Butch (ép. 84 doublage récent), voix additionnelles et narration (doublage récent)
* Caroline Combes : Petit Coin-Coin (ép. 64 doublage récent)
* Benoît Allemane : narration (ép. 78 et 89 doublage récent)
* Jean Clarieux : Spike (ép. 109 ancien doublage)
* Georges Riquier : Georges (ép. 109 ancien doublage)